Pilos

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PILOS.

 

En Messénie, Pilos est un lieu de vacances calme, un point de départ pour de belles excursions, en face de l'une des plus belles rades... du monde. Celle-ci a d'ailleurs manqué de disparaître, à la fin des années soixante-dix, lors d'un projet d'industrialisation.

La baie, longue de 5 Km et large de 3 Km, est pratiquement fermée par l'Île de Sphactérie (aujourd'hui inhabitée) aux falaises tombant abruptement dans la mer.

Pilos, dont le plan fut tracé par le général Maison en 1828 est aujourd'hui une petite ville calme. Elle possède au centre, une place ombragée avec son monument aux amiraux victorieux de 1827, des maisons aux toits de tuiles, et une forteresse. On y accède facilement en montant par la route de Méthoni. Elle conserve bastions et remparts crénelés; à l'intérieur, une église, des canons. Et dans les bâtiments près de l'entrée un musée présente les objets trouvés dans la rade.Une excursion en caïque dans la baie (départs le matin entre 8h et 9h) permet d'apercevoir au fond de l'eau les épaves des navires de la bataille de Navarin.

RENSEIGNEMENTS UTILES

Code téléphonique: 0723.

Bus: pour Kalamata, Athènes, Koroni via Finikoundas et Méthoni, et Kiparissia via le palais de Nestor.

Gare à Kiparissia: trains pour Kalamata, et pour Athènes, via Tripolis, ou via Pirgos et Patras.

Le paysage calme et cette région agricole riche ont été le théâtre de deux magistrales batailles.

La première s'est déroulée dans l'Antiquité, entre Athènes et Sparte.

Sparte dominait alors le Péloponnèse, et Athènes régnait sur la mer.Le général athénien Démosthène (pas l'orateur du siècle suivant) s'empara de Pilos par surprise en 425 av. J .-c. Sparte envoya alors quelques vaisseaux et une armée pour occuper Sphactérie, et bloqua Pilos par la terre. Démosthène fit venir en renfort une puissante escadre athénienne; celle-ci fit irruption dans la rade par les deux extrémités et détruisit la flotte spartiate. Sparte offrit la paix, mais 400 hommes étaient encore bloqués dans l'Île. L'Athénien Cléon refusa de céder et débarqua à Sphactérie: le combat dura une journée. Le bilan fut lourd pour Sparte: 188 morts, 292 prisonniers. Les pertes athéniennes furent insignifiantes.Position priviliégée sur la route maritime d'Occident en Orient, Pilos continua d'attirer, à travers les siècles, Byzantins, Francs, Vénitiens, et Turcs. Chacun fortifia à son tour les points élevés le long de la baie. Au Moyen Age, Pilos était connue sous le nom de Navarin ou Port de lunch.C'est au début du XIX' s. qu'eut lieu la seconde grande bataille.Les Turcs débarquèrent dans le Péloponnèse insurgé et l'histoire se répéta. A l'époque de la guerre d'Indépendance, les trois puissances alliées, France, Angleterre et Russie, pour arrêter le conflit entre la Grèce révoltée et la Turquie, avaient imposé un armistice qui ne fut pas observé. La flotte d'Ibrahim Pacha, au mouillage dans la rade de Navarin, se trouva bloquée quand les escadres anglaise (Codrington), française (de Rigny), et russe (de Heyden) survinrent le 20 octobre 1827. Elles avaient reçu l'ordre d'intervenir pacifiquement auprès de la flotte turque, grossie de la flotte égyptienne, pour les engager à évacuer la baie. Mais les Turcs tirèrent les premiers. Malgré la supériorité en nombre des Ottomans (82 navires et plus de 2 400 canons), les marins alliés (26 navires et quelque 1 270 canons) triomphèrent. Les pertes furent énormes: 65 vaisseaux turcs furent briHés, détruits ou coulés et l'on compta 6 000 morts. Du côté des alliés, aucun bâtiment ne fut détruit. Le roi d'Angleterre parla d'un «malentendu déplorable» !

AUX ENVIRONS

Le palais du roi Nestor (17 Km au nord). Sur le site d'Epano Englianos, on voit les bases des murs d'un palais mycénien construit au XIV. s. av. J .-c., et qui serait celui de Nestor, le souverain «aux sages conseils ». Homère raconte que Télémaque, envoyé par sa mère Pénélope, vint ici rendre visite à Nestor pour lui demander des nouvelles d'Ulysse. Si l'on en croit le poète, le palais ne manquait pas de confort. Contrairement aux autres constructions mycéniennes, celle-ci ne fut pas fortifiée.

Les fouilles conduites par les Américains ont mis au jour des fragments de fresques, des vases peints, 600 tablettes écrites en linéaire B, dans un bâtiment de grandes dimensions aujourd'hui protégé par un hangar. Les objets sont déposés au musée archéologique de Chora, à 3 Km vers le nord.

Le plan de l'édifice est très lisible: porche, cour, magasins, appartements avec salles de bains (une baignoire est encore en place), corridors, et grandes pièces d'apparat avec un important mégaron, dont le foyer central était encadré par quatre colonnes. En quittant le site, prenez sur la gauche le chemin pour vous rendre jusqu'à la tombe mycénienne.

A 11 km au sud, Métboni, l'ancienne Modon, possède l'une des plus grandes forteresses vénitiennes du Péloponnese. La ville se divise en deux axes, celui du haut et a droite en venant de Pilos, est bordé de boutiques, tandis que celui du bas conduit à la plage et à la forteresse. Place byzantine, la citadelle fut rasée puis reconstruite au début du XIIIe s. par les Vénitiens qui l'occupèrent jusqu'en 1500. Les bastions portent encore le lion de Saint-Marc. Traversez le fossé par un joli pont à arcades, et apres la porte surmontée d'un fronton, tournez à gauche.

L'importance des murs apparaît alors. Apres avoir franchi les portes voûtées, on parvient sur le promontoire qui était entierement fortifié. A l'extrémité de l'esplanade, la tour située sur l’îlot Bourtzi est une construction turque.

Un peu plus loin, belle plage de sable fin. Mais attention à ne pas s'éloigner, les courants forts sont dangereux.