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mycenes
Près de la route de Corinthe (37 Km) à Nauplie (22 Km), Mycènes apparaît
au sommet d'un éperon escarpé dans un paysage impressionnant. Mycènes, ce nom
est très connu du fait des légendes qui s'y seraient déroulées, et qui, d'après
les découvertes de l'archéologue allemand Henri Schliemann (1822-1890), se basent
sur la réalité. Cet épicier fortuné avait déjà identifié l'emplacement de Troie,
en Asie Mineure, quand il entreprit des fouilles à Mycènes en 1874. II découvrit
dans le cercle royal des tombes, à l'intérieur de l'enceinte, un riche trésor
funéraire composé de masques en or et de bijoux, exposés au musée archéologique
national d'Athènes.
Ces ruines furent le théâtre d'une tragédie - relatée par Homère et reprise
par Eschyle et Euripide - qui s'est déroulée au Ile millénaire avant notre ère.
Mycènes fut fondée par Persée, fils de Zeus et de Danaé, puis gouvernée par
ses descendants, dont le dernier est Eurysthée - celui qui commanda les travaux
à Héraklès. La famille des Perséides s'étant éteinte, les Mycéniens choisirent
A/ree comme roi, de préférence à son frère Thyeste qui en conçut une grande
jalousie. C'est alors que la malédiction s'abattit sur cette famille qui vécut
désormais de haine et de vengeance, conduisant à toutes sortes de crimes, de
l'adultère au parricide.
Atrée, devenu roi, feignit de pardonner à son frère le vol de l'agneau à
la toison d'or. Il invita Thyeste à un repas, et lui servit à manger la chair
de ses propres enfants, avant de le bannir de Mycènes. Thyeste conçut, avec
sa fille Pélopia, un garçon, Egisthe. Ce dernier fut élevé à la cour de Mycènes.
Un jour, Atrée lui confia la mission de tuer Thyeste; mais Egisthe s'aperçut
à temps qu'il allait tuer son père. Il revint à Mycènes, tua Atrée, et devint
l'amant de Clytemnestre, l'épouse d'Agamemnon, fils d'Atrée. Agamemnon était
alors à Troie, car sa belle-sœur, Hélène, avait été enlevée par Pâris, fils
de Priam, roi de Troie!
De retour du siège de Troie, Agamemnon fut assassiné, ainsi que sa maitresse
Cassandre, par Egisthe. Celui-ci monta sur le trône. Electre, fille d'Agamemnon
et de Clytemnestre, resta à la cour, tandis que son frère, Oreste, dut s'exiler.
Apollon lui ordonna de se rendre à Mycènes déguisé en voyageur; sa sœur le reconnut
et l'introduisit dans la citadelle. Il se présenta comme chargé d'annoncer la
mort d'Oreste. Obéissant à la volonté divine, il tua Egisthe et sa mère...
Mais il en devint fou, et fut hanté par les Erynies. Apollon le purifia à
Delphes et un tribunal, présidé par Athéna elle-même, l'acquitta de son crime.
La route traverse le village de Mycènes et se termine sur un parc de stationnement
devant l'acropole. Si vous le pouvez, venez ici tôt le matin, et comptez au
moins deux heures pour parcourir la citadelle et voir le «Trésor d'Atrée». Prévoyez
une lampe de poche, un chapeau, de bonnes chaussures de marche et une bouteille
d'eau.
Mycènes, qui a donné son nom à une brillante
civilisation, s'est développé de 1600 à 1100 av. J.-C., atteignit son apogée
vers 1300: elle dominait alors toute l'Argolide et quelques Îles de la mer Egée.Homère
l'appelait même la «cité riche en or»; mais, avec l'arrivée des Doriens, tout
disparut dans un incendie.
Les murailles cyclopéennes s'étendent sur près de 900 m; les murs sont
constitués d'énormes blocs à peine équarris, et les interstices sont bouchés
avec des pierres plus petites et de la terre: ce qui donne une surface lisse
sans prise pour l'escalade.
Le chemin pavé passe par l'entrée monumentale, la porte des Lionnes . Protégée
par des bastions, la porte est surmontée d'un linteau long de 4,50 m, large
de 2 m, épais de 0,80 m et d'une masse de 20 tonnes. Les blocs ici sont
soigneusement 1 équarris. Et pour soulager le poids, le triangle de décharge
au[ dessus du linteau est rempli d'un relief célèbre. Deux lionnes sont figurées
dans une posture héraldique, dressées de part et d'autre r d'une colonne; elles
posent leurs pattes de devant sur deux autels.
Les têtes des animaux sont brisées: elles étaient tournées vers ; l'extérieur
et fixées solidement aux épaules par des goujons de , métal. La porte fortifiée
était ainsi protégée par les lionnes. C'est la seule sculpture monumentale que
l'on conserve de l'époque mycénienne.
Après avoir franchi la porte des Lionnes, on voit en contrebas sur la droite
le premier cercle des six tombes royales. L'enclos circulaire (26 m de diamètre)
est entouré de dalles dressées. A l'intérieur, six fosses rectangulaires contenaient
19 squelettes et un riche mobilier funéraire daté des années 1600 av. J.-c.
Au-delà, on aperçoit des pierres de maisons mycéniennes.
Par le chemin pavé, on accède au sommet de la butte, ou était bâti le palais
(XV- s. av. J.-C.) construit sur plusieurs niveaux de terrasses, avec tout en
haut les appartements royaux et le mégaron. Après avoir franchi les propylées
qui se distinguent par deux bases de colonnes, prenez vers la droite: vous traversez
alors une Cour et vous entrez dans le mégaron. Au milieu, le foyer circu1laire
était entouré d'un décor de stuc. Contre le mur latéral de droite se trouvait
le trône du souverain, fait de bois, d'or, et d'ivoire. Le sol était peint de
motifs apparaissant dans des panneaux carrés.
On peut poursuivre en descendant par l'escalier qui permet d'accéder à la
partie orientale de l'acropole ou quartier des artisans et des magasins. On
y stockait l'huile et le vin, on y travaillait le cuir et les métaux, etc. Comme
le palais, les maisons étaient construites essentiellement en bois, seules les
façades extérieures étaient en pierre. A l'extrémité est, un escalier glissant
(prendre une lampe de poche) conduit à la citerne taillée dans le rocher.
En face, une porte présente la même disposition que la porte des Lionnes.
Revenez vers l'entrée en longeant le rempart sur votre droite.
Sur la route (à 300 m à droite), ne manquez pas la visite du «trésor d'Atrée»
ou «tombe d'Agamemnon»; cette tombe à tholos (1300 av. J.-C.) est précédé d'un
long couloir (dromos) construit avec des pierres de très grande taille; le linteau
de la porte pèse environ 120 tonnes. La chambre funéraire est une pièce à coupole
haute de 13,50 m pour un diamètre de 14,60 m. Elle est construite par assises
circulaires posées en encorbellement les unes au-dessus des autres. Sur les
murs, on remarque les trous de fixation pour des ornements métalliques en bronze.
RENSEIGNEMENTS UTILES
Bus: arrêt au village à 1,6 km du site archéologique. Autocars pour Nauplie
et Argos.
Gare ferroviaire: à Fichtia (1,5 km du village de Mycenes), trains pour Corinthe.
AUX ENVIRONS
Tirynthe (à 5 Km au nord de Nauplie sur la route d'Argos).
La cité mycénienne, qui a vu naître Hercule, est cernée de murailles cyclopéennes.
On accède au sommet de la butte par une rampe ou passaient les chars. Poursuivez
tout droit et redescendez un peu pour voir des casemates impressionnantes (larges
de 7 à 10 m et hautes de 10 m), construites à flanc de colline, dans l'épaisseur
de la muraille. En continuant le tour de la butte, vous pénétrez dans le palais:
au sol, deux bases de colonnes marquent l'entrée qui débouche sur une cour entourée
d'un portique; puis, pratiquement dans l'axe, sur la droite, on parvient au
mégaron, qui servait de salle du trône. Tandis que sur la gauche, un escalier
permet de descendre jusqu'au pied des remparts d'une étonnante qualité de construction.
Les artisans étaient groupés dans la citadelle basse. D'après les tablettes,
la division du travail et la spécialisation devaient être très poussées: boulangers,
cuisiniers, fabricants d'onguent, tailleurs, tanneurs, potiers, vanniers, orfèvres,
forgerons, armuriers, bourreliers, charrons, maçons, charpentiers, etc. |