Mistra

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MISTRA

Mistra, centre majeur de l'art byzantin à la fin du Moyen Age, est aujourd'hui une ville morte à 5 Km de Sparte. Comptez trois heures pour parcourir la ville basse, et une heure de plus pour la citadelle. Mettez des chaussures de marche, et n'oubliez pas une bouteille d'eau. Prévoyez aussi un chapeau. Il est possible de ne visiter que les églises dans la partie basse du site: en entrant à gauche, le monastère de Peribleptos , et à droite, la Métropole et le monastère de Vrontohion.

Dans ce site extraordinaire de la chaîne du Taygète, « Mistra s'effrite sans tristesse. Ses couvents, ses mosquées, ses églises latines et byzantines gardent un air familier délicieusement jeune.

Au milieu de cette dévastation lumineuse, j'ai vu les plus noirs cyprès; dans la cour de l'église métropolitaine, l'un d'eux valait une colonne de Phidias, tandis qu'à ses pieds un lilas embaumait.» (Barrès)

Après s'être empare de Monemvassia, Guillaume de Villehardouin construisit à Mistra une forteresse, véritable nid d'aigle; mais en 1259, il fut fait prisonnier et, en 1262, il acheta sa liberté contre Monemvassia, Mistra et le Magne. Les Francs tentèrent de reprendre la place; c'est à ce moment que la ville se forma, les habitants de Sparte venant se réfugier au pied de la forteresse. Mistra fut dirigée aux XIVe et XVe s. par un proche parent de l'empereur de Constantinople. Le gouverneur militaire reçut le titre de despote et s'entoura d'une cour princière, qui fit de la cite une capitale intellectuelle et artistique.

Les peintures murales des églises - qui remplacèrent les mosaïques - en sont le témoin. Au XVIe s. Mistra tomba aux mains des Turcs et perdit de son importance. De 1687 à 1715, elle appartint aux Venitiens, Mistra comptait alors 42 000 habitants.

Reprise par les Turcs, la ville fut incendiée deux fois en 1770 et en 1825. Mistra était complètement abandonnée lorsque Othon fonda la Nouvelle Sparte dans la plaine.

La ville basse

Le circuit forme une boucle: nous vous proposons de commencer par la gauche en vous rendant au monastère le plus éloigné de l'entrée, la Peribleptos, puis par une mon tee relativement facile, d'accéder au monastère de la Pantanassa , et de finir, après une descente rapide, par les édifices proches les uns des autres du monastère de Vrontohion et la Metropole. Les sportifs bifurqueront, après la Pantanassa, vers le palais des Despotes et le château de Guillaume de Villehardouin. Il est plus facile de se rendre dans ces derniers monuments par l'accès supérieur du site, que l'on gagne par la route.

L'entrée par le « châtelet» donne sur la ville basse, ville bourgeoise et religieuse. Prenez vers la gauche le sentier qui suit la muraille du XIVe s. Sur la droite, la maison Lascaris est un rare exemple de maison byzantine qui soit conserve.

Poursuivant le chemin, vous verrez beaucoup plus loin sur la droite, la chapelle Haghios Georgios, belle chapelle funéraire d'une famille seigneuriale.

Puis, voici au bout du chemin, derrière une porte cintrée ornée d'un blason fleurdelisé, le petit monastère de la Peribleptos. Il renferme le plus bel ensemble de fresque de Mistra (XIV s.). L'église est construite sous le rocher. Au-dessus de l'entrée, on voit la Dormition de la Vierge: cette peinure appartient au cycle de scènes, qui se déroulent tout autour de l'église, sur la vie de la Vierge. Dans le chœur, de gauche à droite sont représentés: la Divine liturgie ou les anges apportent les calices et la patène au Christ vêtu en évêque figuré derrière l'autel - à la gauche du Christ, un ange porte l'encensoir, d'autres des chandeliers ,

l'Ascension du Christ est figurée sur la voûte au-dessus de la Vierge en Majesté; le Christ endormi, le Reniement de saint Pierre et la Crucifixion. Sur la coupole, le Christ Pantocrator est entouré des apôtres; et sur les voûtes encadrant la coupole figurent la Nativite, le Bapteme du Christ, la Transfiguration, la Cene, une belle Entrée il Jérusalem, la Pentecote et l'Incrédulité de saint Thomas. Les figures élégantes sont modelées par fines touches.

Le monastère de la Pantanassa, «la Reine du monde », est encore occupé par quelques nonnes. L'église, fondée en 1428, possède un magnifique chevet avec une abside centrale à sept pans encadrée par deux absidioles. Son haut clocher est d'inspiration française, avec ses arcades brisées. Cet édifice de plan basilical est couvert de cinq coupoles et possède des fresques d'un style proche de la Péribleptos. Mais les personnages ont des attitudes plus agitées, pathétiques parfois. Les décors d'architecture occupent davantage de place. Parmi les scènes bien conservées, vous remarquerez la Résurrection de Lazare, l'Annonciation, les Rameaux et la Transfiguration. Sous le portique, le long du côté est, d'ou l'on a une belle vue, on pourra faire une halte agréable.

En sortant du monastère, trois chemins sont possibles: directement vers la sortie sur la droite, ou bien vers la ville haute à gauche pour les sportifs, ou tout droit, c'est ce que nous vous conseillons.

Le monastère de Vrontohion comprend deux églises, celle des Saints-Théodores (fin XIII" s.) du type de Daphni, église à coupole sur trompes d'angles. Et l'église abbatiale de la Vierge Hodigitria, plus à l'est, édifiée vers 1310. Cette dernière combine au rez-de-chaussée le plan basilical à trois nefs et à l'étage celui de l'église à croix grecque inscrite. Cette superposition des deux structures ne se trouve qu'à Mistra. L'édifice était entouré de portiques sur trois côtés. A l'intérieur, le décor est peint avec une touche nerveuse et des coloris délicats. Dans le narthex sont représentés les Miracles du Christ; du côté sud, dans la chapelle: la Dormition de la Vierge; les plus belles figures sont à la voûte les quatre anges.

Reprenez le sentier qui descend, l'église de l'Evanghélistria (fin XVI s) est un bel édifice environné de tombes. Et sur la gauche, vous entrez dans la Métropole ou Haghios Dimitrios par une cour entourée de galeries. De l'autre cour, beau point de vue. Cet édifice bâti en 1300 fut surélevé au XV s: sur le plan basilical, on ajouta une coupole. Dans les parties basses, les peintres ont figuré dans des scènes au cadre étroit, des personnages peu nombreux, dans des attitudes calmes. Ce sont des scènes de la vie de la Vierge et l'histoire de saint Démetrius. Le Jugement dernier dans le narthex a des figures aux gestes expressifs. Parmi les différentes scènes, on observera dans la nef à gauche, le supplice et l'ensevelissement de saint Demetrius, et dans la nef à droite, des scènes de la vie du Christ dont la Résurrection de Lazare, l'Entrée il Jérusalem. Dans la cour, '10 petit musée est aménagé à l'étage.

La ville haute

Près de l'entrée, en descendant, on arrive à l'église Haghia Sofia, qui abritait des sépultures princières et conserve des peintures représentant le Christ en majesté et une Ascension. Plus bas, le palais des Despotes est un ensemble monumental. Le premier bâtiment (XV s.) comprend des salles voûtées qui supportaient une immense pièce de réception aux fenêtres à arc brisé. L'autre aile est plus ancienne (XIII" s.), mais elle a également des ouvertures influencées par l'architecture gothique.Vous terminerez la visite en montant (1/2 h de marche) jusqu'au château de Villehardouin, d'ou l'on a une vue splendide.

RENSEIGNEMENTS UTILES

Bus: descendre au terminus dans le village, puis 1,5 Km jusqu'à l'entrée du site

AUX ENVIRONS

La ville de Sparte présente aujourd'hui un plan en damier qui remonte au XIX s. Il n'y a pratiquement aucun souvenir de l'Antiquité, car les Spartiates, soucieux uniquement d'art militaire, n'avaient pas le goût pour les belles constructions. Dans cette ville d'étape, on visitera le Musée archéologique, situé dans un agréable jardin, ou sont présentés les objets des fouilles locales, dont un bas-relief représentant Helene et Menelas et un torse de Leonidas. On verra aussi la statue moderne de Léonidas, roi de Sparte, qui mourut héroïquement aux Thermopyles écrasé par les Perses (480 av. J.-C.).